Choc émotionnel et symptômes physiques : quand un traumatisme s’inscrit dans le corps
Si tu lis cet article, c’est peut-être que toi aussi tu t’interroges : comment un choc émotionnel peut-il provoquer des symptômes physiques ? Pourquoi un événement traumatisant semble parfois déclencher une douleur, un trouble ou même une maladie ?
Je me suis posé exactement les mêmes questions pendant des années. Et aujourd’hui, avec du recul, du vécu et un long parcours de patient, j’ai envie de te partager ce que j’ai compris, à travers mon histoire, mais aussi grâce à ce que la recherche commence, difficilement, à mettre en lumière.

Quand le traumatisme marque une vie : mon histoire
Mon choc émotionnel, celui qui a changé mon état intérieur pour toujours, je l’ai vécu à trois ans. Ma mère m’a abandonné sur la voie publique. J’étais une petite personne sans mots, sans pensées structurées, mais mon corps, lui, a tout ressenti : la peur, la perte, la rupture du lien.
Avec le temps, j’ai compris que cet événement n’était pas seulement un souvenir lointain. C’était un traumatisme profond, un choc psychologique majeur.
Quelques mois ou années plus tard, les premiers signes sont apparus : du psoriasis. Un symptôme physique que personne n’a relié à l’émotionnel à l’époque.
Adolescence
Les douleurs. Je pensais que c’était “normal”, que c’était ma façon de fonctionner, on me disait que c’était dû à la croissance. Je ne savais pas encore qu’un choc émotionnel peut entraîner des réactions corporelles complexes, parfois durables.
À 25 ans
Après des années d’allers-retours chez différents médecins, et une errance médicale qui n’efface aucunement les douleurs, bien au contraire, le diagnostic tombe : spondylarthrite ankylosante.
À 37 ans
Après des années de souffrances, je commence la biothérapie. Et entre-temps, toute une vie à apprendre comment mon corps réagit face au stress, aux émotions, aux situations difficiles.
Je ne te raconte pas ça pour que tu compares ton histoire à la mienne, mais pour que tu saches que si tu ressens un lien entre un événement traumatique et ton état physique actuel, tu n’es pas seul(e). Je te comprends.
Je raconte tout cela dans mon livre : « Nos souffrances Invisibles », et je l’aborde aussi dans « Vivre avec la Spondylarthrite ankylosante ».
Choc émotionnel et symptômes physiques : ce que fait le corps
Un choc émotionnel n’est pas seulement une émotion forte. C’est un événement qui submerge le cerveau, souvent vécu comme une menace vitale.
Dans ce type de situation, plusieurs mécanismes se déclenchent automatiquement :
Activation de l’amygdale (centre de l’alarme dans le cerveau)
Libération massive d’hormones du stress
Hyperactivation du système nerveux
Réactions corporelles intenses : tensions, douleurs, fatigue, blocages
L’Inserm et plusieurs travaux scientifiques montrent que dans certains cas, un événement traumatique peut entraîner des troubles du stress post-traumatique (TSPT), parfois longtemps après le choc initial.
Ce TSPT ou “troubles du stress” s’accompagne souvent de symptômes physiques : douleurs diffuses, inflammations, troubles digestifs, palpitations, difficultés à récupérer…
Ce n’est pas “dans la tête”.
C’est dans le corps, car tout est lié.
La mémoire du traumatisme : quand le corps ne tourne plus la page
L’un des éléments les plus troublants, c’est que le corps peut revivre l’événement traumatique alors que la personne n’en a plus de souvenirs précis. On parle parfois de reviviscence, une réaction souvent décrite dans les cas de tspt.
L’hippocampe (la zone du cerveau qui gère la mémoire et le temps) peut être perturbé par un stress extrême, surtout chez l’enfant. Résultat : le traumatisme reste stocké sous forme d’émotions, de sensations, de réactions corporelles.
Avec le temps, cela peut se traduire par :
des douleurs soudaines,
des poussées inflammatoires,
des troubles du sommeil,
un état d’hypervigilance,
des symptômes physiques incompris,
ou même une maladie déjà “présente” qui se déclenche à la suite d’un choc émotionnel.
Le cerveau n’oublie rien. Le corps encore moins.

Stress, inflammation et maladies auto-immunes : un lien complexe mais réel
Je fais très attention à ne pas dire que le choc émotionnel est la cause d’une maladie auto-immune. Ce serait simpliste et médicalement faux.
Mais il existe un lien, et de nombreuses études scientifiques s’y intéressent.
Le stress chronique, le stress post-traumatique ou un événement traumatisant peuvent :
augmenter l’inflammation,
perturber le système immunitaire,
dérégler le conditionnement du corps face au stress,
fragiliser l’organisme,
aggraver une maladie existante,
favoriser l’apparition de symptômes plus visibles.
Dans mon cas, comme dans celui de nombreux patients avec qui j’ai échangé lors de l’écriture de mes ouvrages, la spondylarthrite ankylosante ne s’est pas déclarée “par hasard”. Elle est arrivée après des années de stress émotionnel, d’évitement, de survie intérieure.
Ce n’est pas une vérité médicale universelle.
C’est un constat humain, partagé par beaucoup.
Reconnaître les symptômes physiques liés au choc émotionnel
On me demande souvent : “Comment savoir si mes symptômes viennent d’un choc émotionnel ?”
Il n’y a jamais de réponse simple, mais on retrouve généralement :
douleurs articulaires ou musculaires persistantes,
fatigue extrême,
tensions dans le dos ou la nuque,
inflammation inexpliquée,
troubles digestifs,
poussées de psoriasis ou d’eczéma,
anxiété corporelle,
“corps en alerte” sans raison apparente.
Chaque personne a sa forme de réaction. Il n’y a pas de règles.

Que faire lorsque le corps parle ? Ce que j’ai appris
Il m’a fallu du temps, beaucoup de temps, pour comprendre et accepter que mon corps réagissait encore à un traumatisme ancien.
Voici ce qui m’a aidé, au fil des années :
Accueillir et comprendre son histoire
Prendre conscience du choc émotionnel, du traumatisme, des conséquences.
Ce n’est pas un exercice confortable, mais c’est un premier pas essentiel.
S’accompagner (professionnels, thérapie, soutien)
Psychologues formés au traumatisme, approche clinique, thérapie EMDR, ou même téléconsultation quand c’était difficile de me déplacer.
Parfois, des médicaments ou un traitement complémentaire sont nécessaires, selon les cas.
Redonner de la sécurité au corps
Respiration, méditation pleine conscience, activités douces, ancrage.
Ce n’est pas une “technique miracle”, mais une façon de rééduquer le système nerveux.
Créer du lien et ne plus rester seul(e)
Parler avec d’autres patients, lire des informations fiables, consulter un site spécialisé.
Parce qu’un traumatisme se apaise rarement isolé dans le silence.
Ton corps n’est pas ton ennemi
Si je devais résumer tout cela en une phrase, ce serait celle-ci :
Ce que ton corps exprime aujourd’hui n’est pas une faiblesse. C’est une histoire.
Une histoire qui demande de la douceur, du temps, du soin.
Et si tu ressens un lien entre choc émotionnel et symptômes physiques, tu n’es pas fou, tu n’es pas fragile. Tu es humain.
Je sais à quel point le chemin peut être difficile. Je sais aussi que l’on peut apprendre à se réapproprier sa vie, même après un événement traumatique.
Tu n’es pas seul(e). Et ton corps mérite qu’on l’écoute, enfin.
Bjr. Je suis virginie 45 ans 4enfants dont une adoption.
Je suis née avec une malformation rénale, puis a 14 ans on m’a enlevé la moitié de la thyroïde en urgence ou le chir m’a annoncé qu’à mon stade je pourrai ne pas avoir d’enfants… Ouf 3 accouchements.
J’avais des problèmes de dos scoliose…,mes articulations des 2 genoux defaillants…Vers 18 ans j’ai commencé à avoir de multiples douleurs aux épaules , le médecin traitant de l’époque m’annonce que mes épaules sont calcifiées et que c’est normal, ça a duré plusieurs années. Puis j’accouche de mon 1er fils D.. en 2004 puis mon 2d K…. en 2006 et en 2008 j’attends mon 3eme enfant ma fille L.. au mois juin j’ai ma vue qui se trouble en une fraction de seconde, donc suivi ophtalmo avec laser pour souder ma membrane et la spécialiste ophtalmo m’annonce que j’ai une maladie idiopathique de l’oeil gauche et je vais perdre la vie petit à petit mais comme c est IDIOT ON NE PEUT RIEN Y FAIRE… puis 2 mois plus tard le 29 août 2008 , 3 jours après les 2 ans de mon 2d fils, je le retrouve inanimé flottant a la surface de l’eau de notre piscine, je jour là j étais seule chez moi avec mes 2 garçons, heureusement que j’ai suffisamment travaillé aux urgences j’ai sorti mon fils de l’eau, il est pas très chaud, les lèvres et les doigts commencés a être violets, j’ai procédé au massage cardio respiratoire de mon bébé en présence de son frère D.. âgé de 4 ans et demi et à 1 mois et demi d’accoucher de ma fille L… J’ai pu réanimé Kantin qui aujourd’hui a 19 ans et est un beau garçon et m’a fille est née avec 2 semaines d’avance ( 30 jours après l’accident de son frère K…)
Ce CHOC m’a HANTÉ plusieurs années, nuits et jours, j’en voulais beaucoup à mon mari qui en mon absence avait mis les enfants à la piscine autoportante dans l’après-midi et n’avait pas remis la sécurité à l’échelle en partant le soir à son entraînement de rugby, bien-sûr je n’avais pas non plus contrôlé, j’étais tellement fatiguée.
Puis en 2010 je demande le divorce , 8 longs mois de séparation ou mes enfants ont été malheureux de cette séparation, puis j’annule la demande divorce pour revenir avec mon mari, je lui en voulais tellement de cet accident car tout l’été je n’ai cessé de lui dire qu’il était inconscient et qu il allait arriver un accident avec cette piscine..
Bref 6 mois après notre réconciliation, j’ai commencé a développer un érythème noueux sur les jambes et mains, et bien-sûr douleurs du dos. Les mois passés, bilans après bilans on l’annonce un polyarthrite puis NON et enfin on me diagnostiqué une SARCOIDOSE avec atteinte pulmonaires, foie ( epathite granulomateuse) et « oeil » ( maladie idiopathique) etarrive l’annonce de la SPONDYLARTHRITE ANKYLOSANTE .
Aujourd’hui cela fait 10 ans que je suis sous biothérapie HUMIRA 40 en auto injection tous les 15 jours.
Et maintenant de plus en plus de migraines, effet secondaire ou pas de l’HUMIRA…
Et pour finir j’ai transmis mes gènes a mes enfants surtout mon 1er D… âgé aujourd’hui de 2 ans avec une SED (SYNDROME ELHERS DANLOS) en attente d officialisation par l’hôpital de GARCHE et en attente de d’une seconde avec suspicion de SARCOIDOSE cause de la double uvéite bilatérale qu’il a eut il y a 1 mois et demi… Lui aussi hyper douloureux, hyperlaxe,des allergies+++, gastrite et oesophagite, adenolymphite mésentérique, 2 choc anaphylactique..
Voilà pour la petite histoire qui dure depuis trop longtemps, j’aimerai pouvoir la mettre en PAUSE de temps en temps, même mon fils D… qui saturé et qui a de plus en plus de mal a suivre ses cours a la FAC .
Bon courage .
Bonjour et enchanté, Merci pour votre témoignage, je me retrouve tellement dans certains passages…
J’ai été également sous HUMIRA pendant près de 12 ans, j’ai changé suite à des douleurs qui revenaient, des maux de tête également (a approfondir pour vous ).
Votre témoignage fait partie de la longue liste de celles et ceux qui m’ont aidé, par le récit de leur parcours, à écrire mes livres sur cette satanée maladie…
Je vous souhaite le meilleur
Bonjour moi Isabelle 58 ans vécu inceste pendant 15 ans j’ai été diagnostiqué spondyarthrite
Bonjour et enchanté, merci pour votre retour, je vous souhaite le meilleur