Spondylarthrite ankylosante : quels sont les symptômes neurologiques ?

Quand on pense à la spondylarthrite ankylosante, on imagine avant tout une maladie inflammatoire des articulations, en particulier de la colonne vertébrale et du bassin. Mais ce que l’on sait moins au delà du diagnostic, c’est que cette pathologie peut parfois entraîner des symptômes neurologiques, plus discrets, mais tout aussi invalidants. À travers cet article, j’ai pour objectif de vous apporter des réponses claires sur un aspect méconnu de la maladie : le lien entre spondylarthrite ankylosante et les symptômes neurologiques chez les personnes atteintes.

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Pourquoi la spondylarthrite peut-elle provoquer des troubles neurologiques ?

La spondylarthrite ankylosante (SA) est une maladie inflammatoire chronique auto-immune qui touche principalement l’axe rachidien. L’inflammation chronique peut entraîner une raideur, voire une fusion des vertèbres (« ankylose »). Lorsque cette inflammation atteint certaines zones sensibles, notamment la colonne cervicale ou la région lombaire, elle peut entraîner des compressions nerveuses.

De plus, les mécanismes auto-immuns en jeu dans la SA peuvent provoquer une sensibilisation du système nerveux, avec des répercussions centrales ou périphériques.

Quels sont les symptômes neurologiques possibles ?

Les symptômes neurologiques de la spondylarthrite ankylosante sont variables d’une personne à l’autre et selon les formes de pathologies, mais voici les plus fréquemment rapportés :

Engourdissements ou picotements dans les bras, les jambes ou les mains

Faiblesse musculaire localisée (membres inférieurs notamment)

Douleurs neuropathiques (brûlures, décharges électriques)

Perte de sensibilité ou sensation de froid/brûlure au toucher

Troubles de l’équilibre ou de la coordination

Fatigue neurologique intense, difficile à dissocier de la fatigue inflammatoire

Ces symptômes apparaissent généralement lorsque des nerfs sont irrités, comprimés ou lorsque l’inflammation devient systémique.

Les atteintes médullaires ou radiculaires

Dans certains cas avancés de spondylarthrite ankylosante, des atteintes de la moelle épinière ou des racines nerveuses(syndrome de la queue de cheval) peuvent survenir. Ces situations sont rares mais graves, et nécessitent une prise en charge urgente.

Parmi les signes d’alerte :

Troubles urinaires ou fécaux (rétention, incontinence)

Perte de sensibilité dans la zone périnéale (anesthésie en selle)

Faiblesse progressive des jambes

Ces manifestations doivent conduire à consulter en urgence.

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Comment distinguer douleurs inflammatoires et neuropathiques ?

Les douleurs inflammatoires typiques de la spondylarthrite

  • Localisées en bas du dos ou dans les fessiers

  • Pires la nuit et au réveil

  • Améliorées par l’activité physique

Les douleurs neuropathiques 

  • Électrisantes, en décharge ou brûlure

  • Souvent continues, parfois pires au repos

  • Localisées sur un trajet nerveux (sciatique, cruralgie, etc.)

Un mélange des deux types de douleurs est fréquent chez les patients.

Si vous ressentez des signes inhabituels, il est important d’en parler à votre rhumatologue ou médecin traitant. Il pourra prescrire :

  • Une IRM médullaire ou rachidienne : pour visualiser une compression nerveuse

  • Un EMG (electromyogramme) : pour évaluer l’activité nerveuse et musculaire

  • Un bilan neurologique clinique : réflexes, sensibilité, force musculaire

Ces examens permettront de différencier une douleur inflammatoire d’une atteinte neurologique sous-jacente.

Le traitement repose sur plusieurs approches :

  • Traitement de fond de la SA (biothérapies, AINS, DMARDs) pour réduire l’inflammation

  • Médicaments spécifiques de la douleur neuropathique (antiépileptiques, antidépresseurs tricycliques)

  • Kinésithérapie pour entretenir la mobilité et renforcer les muscles

  • Ergothérapie pour adapter les gestes du quotidien

Dans les cas de compression nerveuse sévère, une intervention chirurgicale peut être proposée.

Une prise en charge précoce et rigoureuse des personnes malades est essentielle. Plus la spondylarthrite est stabilisée, moins le risque de complications neurologiques est élevé. Il est recommandé de :

  • Suivre son traitement de fond avec rigueur

  • Être attentif à tout symptôme inhabituel

  • Maintenir une activité physique douce mais régulière

  • Bénéficier d’un suivi régulier avec son rhumatologue

Bien que moins connus que les problèmes purement articulaires et inflammatoires, les symptômes neurologiques de la spondylarthrite ankylosante existent et peuvent altérer la qualité de vie. Un dépistage précoce et une prise en charge sont indispensables pour éviter les complications. En vous informant et en étant à l’écoute de votre corps, vous devenez acteur de votre santé. Parlez-en avec vos soignants, car mieux comprendre la spondylarthrite, c’est mieux vivre avec la maladie.

7 réflexions sur “Quels sont les symptômes neurologiques de la spondylarthrite ankylosante ?”

  1. Très intéressant , malheureusement je trouve que ces troubles neurologiques sont peu entendu par les professionnels de santé notamment le rhumato.
    J’ai très souvent une sensation d’eau brûlante qui coule le long de la jambe, a droite, parfois a gauche.
    Les mains et les pieds engourdie, paresthesie, qui mettent parfois des heures a se dissiper, ou rire un simple emballage est parfois compliquer et devient douloureux.
    Je m’y retrouve mais je n’ai pas encore de solution efficace!

  2. Matera Delphine

    Merci pour c’est info qui sont très intéressantes j’ai souvent en engourdissement des membres inférieurs et de mon bras droit je n’avais pas fait le lien avec la maladie et aussi une perte de force dans les mains y’a des jours j’ai des difficultés à couper un légumes ou fromage

    1. Merci pour votre retour. Mes articles ont cette vocation : tenter d’éclairer la voie, d’aider et d’informer. Je ne suis pas professionnel de santé, mais je connais bien ces maladies pour en être atteint et je fais beaucoup de recherches pour l’écriture des articles.

  3. Merci Yann pour cet article qui apporte une vraie réponse à mes nuits coupées de spasmes électriques le long du nerf sciatique. C’est comme un élastique qui se tendrait au maximum au niveau des sacro-iliaque jusqu’à sa rupture d’un coup sec et qui secoue toute ma jambe droite. Le pire c’est de ressentir l’évolution du spasme sans avoir aucun impact sur l’issue terriblement douloureuse qui interrompt mes nuits pendant plusieurs dizaines de minutes voir plusieurs heures. Je sors de ces nuits épuisées avec un manque de force dans la jambe et le bas du dos des fourmillements et beaucoup d’inquiétude.
    Donc encore une fois c’est toi qui m’ouvre une piste et qui me permet d’en reparler sérieusement avec ma rhumatologue.
    Encore merci pour ton aide. Tu es mon meilleur ami spondy pote et surtout le seul 🥰🫶🏼

    1. Coucou Sabine, heureux de pouvoir t’aider et être là pour toi. C’est ce genre de retour qui m’encourage à continuer à faire votre le groupe Facebook, le site et le Cercle Spondy. Tiens moi au courant de ce que t’aura dit ta rhumato à ce sujet. Prends bien soin de toi.

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