Prix Nobel 2025 : une découverte qui redonne espoir à celles et ceux dont le système immunitaire est « faible »

Si vous me lisez, c’est probablement parce que, comme moi, vous connaissez de près ou de loin ce que c’est que de vivre avec un système immunitaire affaibli. Eh bien, cette année, la science nous offre une belle nouvelle : le Prix Nobel de médecine 2025 a été attribué à trois chercheurs qui ont justement éclairé un mystère central du système immunitaire.

Leurs découvertes pourraient, à terme, changer la vie de millions de personnes concernées par des troubles auto-immuns.

Une main qui tente de stopper des cellules infectées

Une découverte sur la tolérance immunitaire : quand le corps apprend à ne pas s’attaquer lui-même

Les lauréats 2025, Mary Brunkow, Fred Ramsdell et Shimon Sakaguchi, ont mis en lumière un mécanisme fondamental qu’on appelle la tolérance immunitaire périphérique.

Dit autrement : ils ont compris comment notre système immunitaire peut apprendre à ne pas nous attaquer.

Le système immunitaire, c’est notre armée de défense. Il protège notre organisme contre les infections, les virus, les bactéries, les champignons… Mais, parfois, cette armée se trompe de cible et attaque nos propres tissus. C’est ce qui provoque des maladies comme la spondylarthrite ankylosante, le lupus, la sclérose en plaques ou encore le diabète de type 1.

On parle souvent de système immunitaire faible quand nos défenses semblent désorganisées : pas assez fortes contre les infections, mais trop agressives contre nous-mêmes. En réalité, ce n’est pas toujours une question de force… mais d’équilibre. Et c’est précisément cet équilibre et ses facteurs que les chercheurs récompensés ont aidé à comprendre.

Les “gardiens” du système immunitaire : les lymphocytes T régulateurs

Shimon Sakaguchi, l’un des trois scientifiques primés, a découvert dans les années 1990 l’existence de cellules T régulatrices, qu’on appelle aussi Treg.

Leur rôle ? Agir comme des freins naturels du système immunitaire. Ces cellules veillent à ce que nos défenses ne s’emballent pas inutilement. Sans elles, l’immunité devient un peu comme une voiture sans freins : dangereuse, incontrôlable, et auto-destructrice.

Quelques années plus tard, Mary Brunkow et Fred Ramsdell ont découvert le gène FOXP3, véritable chef d’orchestre de ces cellules T régulatrices. Quand ce gène est défectueux, les Treg ne se développent pas correctement — et l’immunité s’affole. Chez la souris comme chez l’humain, cette absence de régulation provoque des maladies auto-immunes graves.

En reliant ces deux découvertes, la science a enfin compris pourquoi certains systèmes immunitaires “dérapent”. Et cela ouvre des perspectives thérapeutiques passionnantes.

Image d'une circulation sanguine imagée avec bactéries et globules rouges

Ce que cela change pour nous, patients ou proches

Pour nous qui vivons avec un système immunitaire faible ou déséquilibré, cette découverte n’est pas qu’une curiosité scientifique : c’est une lueur d’espoir. Elle explique que notre corps n’est pas simplement “fragile” ou “dysfonctionnel”, mais qu’il existe des signes et des mécanismes précis, identifiables, et donc potentiellement modulables.

Imaginez : dans quelques années, il pourrait être possible de renforcer les cellules T régulatrices chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes, afin de calmer l’inflammation sans supprimer tout le système immunitaire. Ou, à l’inverse, de diminuer leur action dans certains cancers, pour que les défenses reprennent le dessus contre les cellules tumorales mises en causes.

En clair, on ne parlerait plus d’un système immunitaire faible, mais d’un système immunitaire rééquilibré.

Vers une médecine de précision du système immunitaire

Aujourd’hui, de nombreux traitements visent déjà à “moduler” notre immunité : les biothérapies, les anti-TNF, les immunosuppresseurs… Ils peuvent soulager, mais ils ont souvent un effet global : ils calment l’inflammation partout, y compris là où ce n’est pas nécessaire.

Les découvertes autour de FOXP3 et des cellules T régulatrices ouvrent la voie à une approche beaucoup plus fine et ciblée. L’idée, c’est de rétablir la tolérance immunitaire là où elle manque, sans tout dérégler. Plus de 200 essais cliniques dans le monde explorent déjà cette piste : transplantation, lupus, sclérose en plaques, diabète auto-immun, polyarthrite rhumatoïde… et même spondylarthrite.

Cela ne veut pas dire que la solution est pour demain matin, la recherche prend du temps, mais elle avance dans la bonne direction.

injection avec une seringue sur un bras

Vivre avec un système immunitaire faible : comprendre pour mieux agir

Quand on vit avec une maladie auto-immune, on apprend à composer avec un système immunitaire fragile qui laisse potentiellement place aux virus, infections et bactéries. On devient expert·e en fatigue, en inflammations imprévisibles, en effets secondaires. Mais on découvre aussi sa propre force, celle d’apprendre à écouter son corps et à l’accompagner plutôt que de le subir.

Cette découverte du Nobel 2025 nous rappelle une chose essentielle : notre système immunitaire n’est pas “cassé”. Il est juste désorienté. Et la science cherche, pas à le remplacer, mais à le rééduquer.

C’est une nuance importante, qui change la manière dont on se perçoit. Car non, vous n’avez pas un « mauvais » système immunitaire. Vous avez un système complexe, sensible, et surtout plein de potentiel à restaurer.

Focus : le rôle des interleukines dans le système immunitaire

Si l’on parle souvent des lymphocytes et des gènes, on oublie parfois les interleukines, ces petites protéines messagères qui orchestrent toute la communication du système immunitaire.

Imaginez-les comme des SMS biologiques que les cellules s’envoient pour s’activer, se calmer ou s’organiser.

Dans un système immunitaire équilibré, ces messages sont précis et bien coordonnés. Mais quand il devient faible ou désorienté, les interleukines peuvent être trop nombreuses ou mal comprises, provoquant une véritable cacophonie.

C’est notamment le cas dans de nombreuses maladies auto-immunes, où certaines interleukines (comme IL-6, IL-17 ou IL-23) entretiennent l’inflammation et stimulent des réactions incontrôlées.

Les chercheurs du Nobel 2025 ont indirectement mis en lumière l’importance de ces interleukines :

les cellules T régulatrices (les fameuses Treg) qu’ils ont étudiées utilisent justement des interleukines pour calmer le jeu.

Par exemple, elles sécrètent l’interleukine-10 (IL-10) ou l’interleukine-35 (IL-35), connues pour leurs effets anti-inflammatoires.

Ces signaux apaisants aident les autres cellules immunitaires à faire la différence entre une véritable menace (un virus, une bactérie) et nos propres tissus.

Dans les laboratoires, plusieurs pistes thérapeutiques consistent désormais à moduler les interleukines : soit en bloquant celles qui aggravent l’inflammation, soit en renforçant celles qui favorisent la tolérance.

Certains traitements biologiques actuels (anti-IL-6, anti-IL-17…) fonctionnent déjà sur ce principe, et de nouvelles stratégies visent à imiter les interleukines “calmantes” produites par les Treg.

Autrement dit, comprendre les interleukines, c’est apprendre à parler le langage secret du système immunitaire. Et, pour celles et ceux d’entre nous qui vivent avec un système immunitaire faible, cela ouvre une voie très concrète vers des thérapies plus ciblées, plus douces, et mieux adaptées à chaque profil.

Quelques conseils simples pour prendre soin de votre système immunitaire

En attendant que la recherche se transforme en traitements accessibles, il reste essentiel d’aider notre organisme au quotidien. Voici quelques gestes que j’essaie moi-même d’adopter (avec plus ou moins de succès) :

Un nouveau regard sur nos défenses

Ce Prix Nobel 2025 ne guérit pas encore les maladies auto-immunes, mais il change notre façon de les comprendre. Il montre que la faiblesse du système immunitaire n’est pas une fatalité, mais une piste de rééquilibrage. Les cellules T régulatrices sont comme des médiateurs intérieurs : elles rappellent à nos défenses que le corps n’est pas un ennemi.

Pour moi, cette avancée n’est pas seulement scientifique : elle est profondément humaine. Parce qu’elle réhabilite l’idée que, même quand notre immunité se trompe de cible, elle peut réapprendre à faire la paix.

Et ça, c’est une nouvelle pleine d’espoir.

8 réflexions sur “Prix Nobel 2025 : une découverte qui redonne espoir à celles et ceux dont le système immunitaire est « faible »”

  1. Déborah BARNET

    Wow merci Yann pour cet article!
    J’ai débuter un anti interlukine hier!
    J’espère qu’il saura remettre de l’ordre la dedans!
    Ca me permet de faire des liens: un de mes bilans du début mettait en evidence un manque de proteines, un autre fais en Allemagne mettait en évidence un taux de tnf et d’interlukine trop élever.
    Aucun médecin n’a tenu compte ni de l’un de lautre de ces bilans.
    Alors qu’en lisant cet article, je me dis, toutes les données étaient deja présentent!
    Alors oui, l’espoir dont tu parles, je suis en plein dedans! Et cette nouvelle fait du bien!
    Portez vous bien les spondypotes !
    Rien n’est figé, tout évolue!
    Force et courage!

    1. Hello Dominique, à votre service./ n’hésitez pas à lire les commentaires de celles et ceux qui ont lu mes livres, cela leur à ouvert les yeux et donner des perspectives, la compréhension des proches permet un meilleur partage. Bon courage à votre femme, et à vous, je sais que c’est dur également, d’une autre manière pour le conjoint

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